Une photographie n’est pas une reproduction de la réalité, encore moins une vérité objective, mais l’expression d’un point de vue purement subjectif.

Le pseudo-tambour du scanner Imacon Flextight est relié à son moteur d’entrainement par deux courroies crantées montées en série sur un enchainement de poulies. Il peut arriver que ces courroies s’usent, se détendent ou s’abîment, par exemple si quelque chose venait à coincer ou forcer la mécanique.

Il convient alors de remplacer les courroies, une opération assez simple

Outillage
• Outil plat et fin assez solide pour faire levier
• Tournevis ou clé hexagonale 2,5 mm
• Crochet type sonde de dentiste, pour décrocher et raccrocher des ressorts

Les courroies sont des courroies dites de distribution ou synchrones, avec les caractéristiques suivantes :
• Pas métrique 2,5 mm
• Largeur 6 mm
• Longueur 245 mm
• 98 dents d’une hauteur de 0,7 mm
• Matériau : polyuréthane
J’ai trouvé les miennes chez Radiospares, mais on doit pouvoir en trouver ailleurs, même sur eBay.

Il faut tout d’abord retirer le capot latéral droit (en regardant de face), une simple plaque épaisse maintenue par des aimants, à l’aide de l’outil levier, pour découvrir le train d’entrainement : une petite poulie en arrière-plan vers le bas connectée au moteur, la courroie du fond la relie à une grande poulie masquée en partie par une platine noire. Cette grande poulie partage son axe avec une petite poulie qui entraine la courroie au premier plan. Enfin cette dernière entraine la grande poulie qui est reliée au tambour. Chaque courroie est dotée d’un tendeur avec une poulie noire et un ressort.

Commençons par décrocher avec la sonde le ressort de chaque tendeur.

On peut alors retirer la courroie au premier plan de sa grande poulie et finir par l’ôter de sa petite poulie.

La platine supportant la seconde poulie est maintenue par trois vis à empreinte hexagonale qu’il faut dévisser pour déposer cette plaque. Cela permet de finir de retirer la seconde courroie. Notez que le groupe petite poulie avant et grande poulie arrière se retire également

On peut en profiter pour vérifier l’état des poulies, les nettoyer si elles comportent des résidus de caoutchouc provenant de la courroie usagée.

Ensuite on installe les nouvelles courroies, en suivant l’ordre inverse des opérations que nous venons d’effectuer :
• Replacer la grande poulie du fond sur son pivot et installer la courroie du fond
• Replacer la platine et la visser
• Replacer la courroie avant en commençant par sa petite poulie
• Raccrocher les ressorts tendeurs

Avant de refermer le couvercle, nous allons contrôler le scanner en le rebranchant et en effectuant une prévisualisation. Si tout va bien, on confirme le contrôle par un scann complet.
Normalement cette opération de maintenance ne devrait pas avoir modifié la qualité de scann mais effectuer les procédures d’étalonnage ne fera de toute façon pas de mal.

SEI est l’acronyme de la société britannique Salford Electrical Instruments, qui a commercialisé son photomètre de 1948 jusque dans les années 60.
Très précis et auto-étalonnable, il mesure la luminosité d’un sujet par comparaison à une surface lumineuse de référence, de manière très sélective selon un angle de 0,5° (les spotmètres ont généralement un angle de 1°), en tablant sur la capacité comparatrice de l’œil humain. Il permet d’évaluer des luminosités sur une étendue de 1 à 1 000 000.

Livré dans un solide étui en cuir, il se présente sous la forme d’un cylindre en métal de 18 cm de haut sur un peu plus de 4 cm de diamètre, assez lourd — 745 g avec la pile —, avec un viseur le traversant perpendiculairement à son quart supérieur.

Il est constitué de bas en haut de :

  • Une base comportant sur le côté un bouton poussoir qui allume le circuit et dessous le bouton rotatif d’un rhéostat permettant l’étalonnage de l’appareil. Elle se dévisse pour accéder au logement de la pile et d’une petite ampoule dont la l’intensité lumineuse sert de référence. Elle est également rotative pour faire varier l’intensité de la lumière de référence dans le viseur.
  • Sur cette base se trouve un index de sensibilité d’émulsion, puis une bague crantée affichant l’ensemble des ouvertures normalisées de f/1 à f/32 par tiers de valeur.
  • Ensuite sur le corps du cylindre figurent trois colonnes teintées en bleu pâle, blanc et rouge pâle, indexant les durées d’exposition selon la plage de densité, variant de 1/500 000 s à 2 h 47 min, également par tiers de valeur, plus un index de mesure en log foot Lamberts et un index de densité relative.
  • Puis on trouve deux molettes, une devant, à trois positions identifiées par des points bleu, blanc et rouge, sélectionnant la plage de densités, l’autre derrière, précisant le type d’éclairage ambiant, lumière du jour (point blanc) ou lumière électrique (point jaune).
  • Juste au-dessus se trouve donc le viseur, doté à l’arrière d’un œilleton en plastique noir et à l’avant d’un petit objectif. L’oculaire coulisse pour effectuer une mise au point approximative sur un sujet très proche.
  • Enfin au sommet se trouve un micro-ampèremètre à aiguille servant à étalonner l’appareil.

L’ampoule de référence est une petite ampoule dépolie soudée sur son support en laiton (ou bronze ?), lui-même vissé sur un cylindre amovible accueillant la pile. Fortement sous-alimentée, l’ampoule s’use très peu et peut assurer un fonctionnement fiable durant de longues années, d’autant que sa dérive est compensée par la procédure d’étalonnage.
La pile d’origine était une U.2, l’équivalent actuel est la pile de format D ref E95-LR20 1,5V. La pile s’insère dans le cylindre, base en premier, donc polarité positive vers le bas à l’opposé de l’ampoule.

Pour utiliser le photomètre, il convient d’abord d’étalonner l’ampoule de référence :
En appuyant sur le poussoir, le circuit alimenté fait bouger l’aiguille de l’ampèremètre au sommet. Il faut tourner le bouton du rhéostat de manière à aligner l’aiguille sur un trait rouge ; l’appareil est alors prêt à mesurer.
C’est une opération à faire systématiquement en début de séance de prise de vue.

Ensuite il faut savoir ce qu’on doit mesurer !

À l’époque le « gris moyen 18 % » ne s’était pas encore imposé, qui est une convention arbitraire décidée par Kodak. Les ingénieurs chez SEI connaissaient bien les bases de la photo, notamment qu’il faut exposer les négatifs pour les ombres et les développer pour les hautes lumières, et faire le contraire pour les films inversibles (diapos).

Je vais parler du cas du négatif :

La sensitométrie permet de tester un film et tracer un graphique visualisant le rapport entre les intensités lumineuses l’exposant et la densité obtenue après développement.

Lorsque la courbe est horizontale à son début, le talon de la courbe, les intensités lumineuses sont trop faibles pour impressionner le film, qui reste clair, sous-exposé, sans détails.
Puis la courbe démarre et devient une droite oblique traduisant sa plage de densités principale où chaque intensité lumineuse différente se traduit par une densité différente sur le film, et fournissent ainsi les nuances de l’image.
Enfin la droite s’infléchit de nouveau vers l’horizontale, l’épaule de la courbe, montrant que toutes les intensités lumineuses égales ou supérieures se traduisent par la densité maximale du film, plafonnées, sans aucune nuance, ce qu’on appelle une zone surexposée.

Lors du développement d’un négatif, son noircissement se fait progressivement durant toute la durée du bain révélateur, les densités les plus faibles (les ombres donc) sont totalement développées au début du traitement, le noircissement continue et les densités les plus élevées (les hautes lumières donc) atteignent leur plein développement en fin de traitement.
Si on raccourcit le développement, les plus hautes luminosités donneront des densités moins élevées mais encore détaillées.
Idéalement il faut caler le développement de manière à obtenir des densités les plus élevées contenant toujours des nuances.

En exposant pour les ombres et en développant pour les hautes lumières, on opère ainsi une sorte de compression des valeurs qui évite de boucher les ombres et de brûler les hautes lumières, et c’est pour cette méthode que le spotmètre SEI est prévu de fonctionner.

En pratique il convient donc, pour un film négatif, de faire sa mesure vers une zone sombre du sujet pour laquelle on souhaite conserver des détails.

On va d’abord tourner la molette crantée sur la base pour sélectionner la sensibilité de son film. L’index est en British Standard logarithmique, des chiffres de 10 à 50, avec une progression par tiers de valeur : tous les trois crans on double la sensibilité.
Le mode d’emploi fournit un tableau de conversion vers d’autres échelles de sensibilités, notamment la norme ASA
Ainsi on remarque les indices utiles :

SEI index => ASA
10 => 0,75
13 => 1,5
16 => 3
19 => 6
22 => 12
25 => 25
28 => 50
31 => 100
34 => 200
37 => 400
40 => 800
43 => 1600
46 => 3200
49 => 6400

La mesure en elle-même se fait à deux mains : l’une maintient l’appareil, viseur devant l’œil, l’autre appuie sur le bouton poussoir et tourne la base.
Signalons que la visée passant par un prisme, elle se trouve pivotée de 180° en sortie d’oculaire, ce qui, combiné à l’étroitesse de l’angle de champ, rend difficile le suivi d’un sujet mobile !
Au centre du viseur s’affiche un petit disque : il apparait plus lumineux ou plus sombre que la surface visée. On tourne la base pour ajuster l’intensité du disque jusqu’à ce qu’elle se confonde avec celle du sujet.

Si le sujet est trop lumineux ou trop sombre pour permettre d’aligner l’intensité du disque avec celle du sujet, il convient de modifier la plage de mesure à l’aide de la molette avant, sous l’objectif de visée (position bleu, blanc ou rouge). Les deuxième et troisième crans font passer dans le viseur un filtre gris neutre de plus en plus sombre. La plage de mesure des intensités les plus fortes est particulièrement sombre et nécessite qu’on colle bien son œil à l’œilleton de visée pour apercevoir le sujet et le disque, voire qu’on isole davantage le viseur de la lumière avec sa main (un peu acrobatique !).

Si la lumière ambiante est de type électrique, les films équilibrés pour la lumière du jour ont une perte de sensibilité qu’il faut compenser, on peut alors positionner la molette arrière sous l’oculaire de visée sur le point jaune. Un filtre orangé s’interpose sur la lumière de référence et ce l’assombrit légèrement. Cela a pour conséquence de devoir augmenter un peu l’intensité du disque pour trouver l’équilibre avec le sujet, ce qui donne une valeur d’exposition légèrement surexposée.

Une fois l’égalité trouvée, on n’a plus qu’à effectuer la lecture du résultat. Il suffit de repérer sur la base la valeur d’ouverture voulue, suivre le trait gravé jusqu’à la colonne de la même couleur que le point sur la molette de plage d’intensité et y lire le temps de pose correspondant.

J’ai procédé à une comparaison avec mon spotmètre Minolta*, qui dispose d’une fonction mesure des basses lumières : on mesure puis on appuie sur le bouton S, qui décale l’exposition de -2,7 IL (indice de lumination). Mon exemplaire du photomètre SEI — au minimum 50 ans d’âge et en parfait état apparent — indique une valeur identique ou proche à moins d’un tiers de valeur près.

Cependant il faut avoir conscience que selon le film qu’on utilise et le développement qu’on lui applique, même les fonctions basses (S pour shadows) et hautes (H pour highlights) lumières du spotmètre Minolta* seront insuffisantes. Leurs décalages respectifs (S = -2,7 IL, H = +2,3 IL) ont été prévus pour les films inversibles (diapo) dont l’écart de contraste fait 5 IL.
Un film négatif noir et blanc bien exposé et développé pourra contenir un écart de contraste bien supérieur, ce qui fait qu’on devrait appliquer à la mesure des ombres ou hautes lumières un plus grand décalage : par exemple si le film enregistre une plage de 10 IL utiles, on pourrait exposer les ombres les plus denses à -5 IL. Seule l’expérience permet de prendre une bonne décision.

Ces ajustements sont bien sûr faciles à faire de tête, les automatismes des appareils modernes ne sont qu’un confort supplémentaire, mais atteindre le plus haut niveau de précision nécessite d’appliquer les méthodes de la sensitométrie. Cela veut dire également bien connaitre ses outils de mesure, ce qui fait qu’on peut très bien utiliser un spotmètre SEI aujourd’hui.

[ * Signalons que Minolta a amélioré les fonctions basses et hautes lumières sur le multimètre/spotmètre Minolta VI en les rendant programmables, on peut ainsi choisir le décalage que l’on souhaite.
Dernière précision : la fabrication des outils de mesure Minolta a été reprise depuis plusieurs années par Kenko. ]

Le Posographe est un appareil astucieux de calcul de temps de pose inventé par Auguste Robert Kaufman et breveté en 1922, avant l’invention des cellules-posemètres.
On peut considérer qu’il fait partie de la famille des ordinateurs mécaniques primitifs initiée notamment par Pascal, Jacquard ou Babbage…

C’est en quelque sorte une version plus détaillée et interactive de la règle du f/16 (en plein soleil avec un diaphragme ouvert à f/16, la durée d’exposition est la valeur la plus proche de la sensibilité du film, par exemple 1/125s pour 100 ISO…) qu’on retrouve au dos de certains appareils et à l’intérieur des cartons d’emballage de pellicules sous forme de tableaux avec quelques situations de luminosité courantes.

L’objet plat et rectangulaire mesure environ 13,5 x 9 x 1 cm et présente deux faces imprimées d’un ensemble de paramètres, une face dédiée aux scènes d’intérieur, l’autre aux scènes d’extérieur.

Six curseurs index disposés sur son pourtour permettent de sélectionner les différents paramètres, un septième donne comme résultat du calcul un temps d’exposition.
Ces curseurs sont reliés en interne à une série de bielles plates interconnectées de manière à établir géométriquement un rapport logique.

Il est remarquable de constater que les dimensions, dispositions et articulations des bielles les unes avec les autres matérialisent mécaniquement la logique et l’influence de chaque paramètre dans la valeur d’exposition finale.

Schéma de principe mécanique

Sur ce dessin, les bielles ont une forme régulière de rectangle arrondi, inspirée par un schéma d’époque, mais en réalité elles sont faites de fines tôles franchement plus larges et arrondies afin de s’assurer qu’en toute position elles vont bien glisser les unes sur ou sous les autres et ne pas risquer de se coincer.
Les pivots d’articulation sont des rivets.

Les paramètres sont
Pour la photo en extérieur :
• Mois
• Heure solaire
• Sujet
• Diaphragme
• État du ciel
• Teinte et éclairage du sujet

Face pour les vues en extérieur

Pour la photo en intérieur :
• Couleur des murs
• Couleur des sols
• Lumière extérieure
• Diaphragme
• Quantité de ciel vue de la place du sujet
• Place du sujet par rapport aux fenêtres

Face pour les vues d’intérieur

Le dernier curseur comporte quatre flèches-index selon la sensibilité de l’émulsion, exprimée en degrés H&D :
• Rapidité moyenne – 50° H&D
• Extra rapide ordinaire – 150° H&D
• Ultra rapide – 350° H&D
• Sensibilité extrême – 600° H&D
Ce curseur coulisse le long d’une échelle de temps de pose allant de 1/1000s à 12s
Il est précisé une correspondance pour les plaques Autochrome : exposer soixante fois plus que l’index Extra rapide (en pratique il suffit de considérer les valeurs données comme étant des minutes et non des secondes).

Le système H&D, mis au point vers 1890 par le Suisse Ferdinand Hurter et l’Anglais Vero Charles Driffield, est une des premières tentatives de normaliser les sensibilités d’émulsions, un ancêtre de la sensitométrie.
Cette échelle n’est pas directement comparable aux normes actuelles car les protocoles de mesure sont différents et ne mesurent pas exactement les mêmes choses. En outre il a existé plusieurs variantes du système H&D, comme l’indiquent les tableaux de ces sites :
earlyphotography.co.uk
jollinger.com
Une tentative d’équivalence H&D > ASA/ISO est donc forcément une approximation. Selon ces sites, la sensibilité maximale de 650° H&D du Posographe se situerait aux alentours de 17 ISO, à confirmer par l’expérimentation.

En définitive, le Posographe est clair, intuitif, amusant même, il pousse à réfléchir à la lumière de la scène que l’on souhaite photographier, à l’analyser, cela en fait un très bon outil pédagogique à mettre entre toutes les mains. On rêverait toutefois d’une version convertie aux valeurs ISO courantes (ce qui ne devrait pas être compliqué à réaliser) !

Dès son avènement au 19e siècle, la photographie s’est développée comme une activité commerciale, ses inventeurs ayant tous des ambitions industrielles.
À cette époque très peu de gens possédaient une chambre photographique, la population faisait immortaliser les évènements marquants de sa vie, de la naissance au décès, dans les studios professionnels, mais pas que : de petits artisans œuvraient directement dans la rue.
Ces portraitistes économiques utilisaient des moyens techniques simples mais astucieux pour produire rapidement sur place.
Le client se faisait tirer le portrait et repartait son tirage en main !

Il y a peu d’informations sur cette activité en Europe et Amérique du Nord depuis ses débuts jusqu’à sa raréfaction à partir de la fin de la seconde guerre mondiale, mais elle perdure encore dans quelques rares régions très pauvres de la planète.
En Afghanistan on les nomme kamra-e-faoree, en Amérique Latine ce sont les minuteros.

À l’époque pionnière où il fallait quasiment tout faire soi-même, les artisans de rue se sont équipés d’un coffre en bois sur trépied combinant la fonction de chambre de prise de vue et de laboratoire de développement. Dans un souci de rapidité et d’économie, ils travaillaient avec du papier photographique négatif.

Depuis quelques années un nombre grandissant d’artistes et d’amateurs découvre et remet au goût du jour cette technique dans une démarche à la fois artistique, culturelle et pédagogique.

Rappelons le principe du négatif :
Le support (papier, verre, métal…) est enduit d’une émulsion sensible à la lumière qui, une fois exposée et développée, noircit selon la quantité de lumière reçue : plus un détail de la scène photographiée est sombre, moins il reflète de lumière, moins il fera noircir l’émulsion, et inversement plus un détail est clair, plus il reflète de lumière et plus il noircira l’émulsion.
On obtient ainsi un cliché où les valeurs de densité sont inversées par rapport à la réalité.

En découle le procédé du portraitiste de rue suivant :
• prise de vue du sujet sur une première feuille de papier sensible,
• développement de cette feuille donnant une image en négatif,
• photographie de ce négatif sur une autre feuille de papier sensible,
• développement de cette seconde feuille donnant un négatif du négatif, c’est-à-dire une image positive.

Pour la prise de vue, la chambre comporte un objectif fixe et un système de mise au point interne.
Ce système de mise au point est constitué de deux rails dans la longueur près du plafond de la chambre auxquels est suspendue une planche coulissante qui supporte le papier et le verre dépoli servant à cadrer et mettre au point. Cette planche est actionnée de l’extérieur par une tirette à l’arrière de la chambre et une trappe à l’arrière permet d’observer la focalisation sur le dépoli.

Les objectifs anciens étant généralement dépourvus d’obturateur, on enlevait puis replaçait le bouchon de l’objectif ou un chapeau noir pour exposer le négatif. La faible sensibilité des émulsions exigeait des temps d’exposition de plusieurs secondes, l’imprécision de l’obturation à la main avait alors peu d’importance.
Par contre cela contraignait le sujet à une immobilité parfaite durant toute la durée de la pose, ce qui explique les airs pincés et la raideur des gens sur les photos d’époque !

La partie labo se compose d’une boite réserve de papier, de deux cuvettes avec le bain révélateur et le bain fixateur. Un œilleton fermable dans le couvercle de la chambre au-dessus de la cuvette de révélateur permet d’observer et contrôler le développement du cliché éclairé latéralement par une fenêtre avec un filtre rouge inactinique, c’est-à-dire laissant passer une lumière qui ne voile pas le papier (l’émulsion n’est sensible qu’au bleu et éventuellement au vert).

La reproduction du négatif se fait à l’aide d’un bras-support escamotable à l’avant de la chambre, permettant de placer le négatif devant l’objectif. La reproduction se fait donc à l’échelle 1:1, les distances négatif-objectif à l’extérieur et objectif-positif à l’intérieur étant chacune égale au double de la longueur focale de l’objectif.

Une fois un cliché révélé et fixé, il suffit de le sortir de la boite et de le rincer par trempage dans un seau d’eau ou n’importe quelle source d’eau courante.

Voici pour l’introduction, elle sera suivie d’un article présentant la chambre-labo que je me suis construite et les solutions que j’ai choisies…

L’excellent constructeur de chambres techniques Arca Swiss a conçu et vendu assez brièvement un accessoire pour ses chambres moyen- et grand-format surnommé Brainbox, une petite rareté.
Cet appareil sert à déterminer le diaphragme pour obtenir un champ net entre deux points en profondeur de la scène.

Le principe mécanique est celui d’un comparateur, avec un bras extensible poussé par un ressort qui actionne un tableau déroulant dans une fenêtre.

Ce tableau comporte d’une part une échelle sur fond blanc qui affiche l’écart de déplacement du chariot entre le premier et le second point net, avec une amplitude maximale de 33,5 mm, et d’autre part une série de colonnes rouges et vertes affichant les diaphragmes possibles par tiers de valeurs, selon les formats 6×9, 4×5 po, 5×7 po et 8×10 po, les colonnes vertes étant pour une mise au point lointaine autour de l’infini et les colonnes vertes pour une mise au point proche avec un grandissement autour de 1:4.

L’objet se place sur le rail de la chambre derrière le corps arrière, et coulisse avec une friction assez forte qui lui permet une fois en place de ne plus bouger.

On met au point le corps arrière sur le premier plan que l’on veut net, puis on cale la Brainbox en butée contre le chariot arrière.
Ensuite on effectue la mise au point sur l’arrière-plan que l’on souhaite net, donc en avançant le corps arrière.
Enfin on appuie sur un petit bouton sur le côté de la Brainbox pour libérer le bras qui s’allonge jusqu’à buter contre le chariot arrière et fait défiler le tableau dans la fenêtre de lecture.

L’index dans la fenêtre de la Brainbox permet de lire dans la colonne rouge ou verte du format utilisé l’ouverture correcte, et dans l’échelle blanche l’écart de déplacement du chariot entre les deux points choisis.

Il ne reste plus qu’à reporter le diaphragme sur l’objectif et reculer le chariot de la moitié de l’écart mesuré sur l’échelle blanche.

Enfin pour verrouiller le bras en position rentrée, il suffit de le repousser jusqu’au fond avec le doigt.

L'Arca Brainbox en action
La Brainbox en action

Cet outil peut également servir à mesurer un angle de bascule du corps arrière, mais il nécessite un patron destiné à tracer sur le dépoli de la chambre un repère nécessaire. Malheureusement ce patron n’est quasiment jamais fourni avec les Brainbox que l’on peut dégoter d’occasion, et Arca n’a pas été en mesure de me donner la moindre information à son sujet lorsque j’ai eu l’occasion de leur demander.

Voici toutefois ce que dit le mode d’emploi (traduction personnelle de l’anglais) :

Découper le patron aux dimensions de votre format et tracer le carré sur le dépoli avec un stylo indélébile. Le centre du dépoli doit être calé sur le réticule (NDLR : du patron j’imagine).
Au lieu de mettre au point sur les points avant et arrière de la scène, mettre au point sur les marques horizontales (57 ou 114 mm). La ligne supérieure correspond au point proche, la ligne inférieure correspond au point éloigné, procédé comme décrit ci-dessus (NDLR : comme pour le choix du diaphragme). Le facteur d’extension (NDLR : sur la règle blanche de la fenêtre) se transpose en angle de bascule avec les ratios suivants :

• Ligne inférieure (57 mm) pour format 6×9 et 4×5 po : 1 mm = 1 °
• Ligne supérieure (114 mm) pour format 5×7 po et 8×10 po : 1 mm = 0,5 °

Note : Selon la règle de Scheimpflug, les bascules ne donnent pas un résultat identique entre le corps avant et le corps arrière. et ne sont pas interchangeables.

Je retenterai d’en discuter lors d’un prochain passage à Besançon — car cette entreprise créée en 1920 à Zürich, rachetée en 1984 par M. Vogt, un de ses ingénieurs, est devenue bisontine en 1999 !

Il y a 10 sortes de gens : ceux qui comprennent le binaire, et les autres.

L’alimentation externe de mon scanner Imacon Flextight Precision II a grillé.

Ses références sont :
• fabricant : Protek
• modèle : PUP55-32
• triple sortie : +5 V 5 A / -15 V 0,5 A / +15 V 2,5 A

Une recherche sur le net permet de découvrir des blocs neufs chez des réparateurs Hasselblad/Imacon officiels à des tarifs pouvant dépasser les 200 €.
Elle permet aussi de découvrir que ce bloc d’alimentation n’est plus fabriqué et est généralement remplacé par la référence Protek PUP 60-32 de caractéristiques voisines, et de prix similaire…

En fait n’importe quelle alimentation capable de sortir les mêmes tensions avec des intensités égales ou supérieures devrait pouvoir convenir, j’ai donc cherché des modèles comparables plus génériques, et j’en ai trouvé un sur AliExpress — à un prix défiant toute concurrence comme souvent avec les produits chinois — répondant au doux nom de « high output T-120A switching power supply », avec les caractéristiques suivantes :

• alimentation à découpage (technologie différente donc de celle d’origine plus classique)
• triple sortie : +5V 10 A / -15 V 1 A / +15 V 2,5 A
• dimensions : 199 x 110 x 50 mm
• poids : 0,83 kg
• équipée d’un boitier basique en tôle d’alu servant plus de blindage magnétique et dissipateur thermique qu’autre chose, avec bornier dépassant, donc forcément à replacer dans un coffret pour éviter à quiconque de toucher les connecteurs secteur.

Vu le prix unitaire de moins de 15 €, j’en ai commandé deux par prudence, la facture s’élève alors port inclus à 51,59 € !

Commande passée le 26 octobre, annoncée expédiée le 28 mais le colis n’est apparu sur le site de traçage que le 1er novembre, et enfin reçue le 12 décembre.

Au déballage, déception : le vendeur s’est trompé et a expédié des blocs 12 V au lieu de 15 V.

Comme le fabricant n’a pas répondu rapidement à mon message, ouverture de litige sur AliExpress, suivi rapidement d’un échange avec le vendeur, qui propose l’envoi des bonnes alimentations sans demander de retour de la première livraison.

Le nouveau colis est expédié le 21 décembre et reçu le 4 janvier, nettement plus rapide !
Cette fois ce sont bien les bonnes alimentations.

Le bloc d’alimentation est équipé d’un large bornier surmonté d’une étiquette indiquant les entrées sorties :
• L
• N
• terre
• +15 V
• -15 V
• neutre
• +5 V
• à la droite du bornier, un petit potentiomètre d’ajustement du +5 V, et derrière lui une DEL verte témoin de fonctionnement.
Le flanc du bloc comporte un sélecteur de tension alternative 115 V / 230 V par défaut positionné sur 230 V.

Je remarque sur le circuit au travers de la grille du blindage un fusible : par économie (vu le prix le fabricant rogne probablement sur tout ce qu’il est possible de réduire comme coûts), il n’est pas monté dans un support à fusible, mais directement soudé au circuit imprimé !

Après branchement au secteur, la DEL verte s’allume, l’alimentation ne fait aucun bruit ; une vérification au multimètre montre que les tensions de sortie sont égales ou légèrement supérieures à la spécification.

La récupération du gros câble de sortie de l’alimentation en panne ne pose pas de souci.
Il comporte côté circuit les six conducteurs suivants, que j’identifie par test de continuité avec la prise DIN à l’autre extrémité et la description de cette prise dans le manuel du scanner :
• noir > contact 1, neutre
• blanc > contact 2, neutre
• marron > contact 3, +5 V
• bleu > contact 4, -15 V
• vert foncé > contact 5, +15 V
• vert clair > il s’agit en fait du blindage du câble relié au tube métallique du connecteur DIN.

Je relie tous ces câbles aux bornes correspondantes du bloc d’alimentation, prêt pour le premier test avec le scanner.
Appui sur le bouton d’alimentation du scanner : il démarre normalement.
Test du scanner, tout fonctionne impeccablement.

J’ai trouvé chez St Quentin Radio un coffret Teko P4.10 (11 €) en plastique avec couvercle alu.
Dans l’architecture interne du coffret, le bloc d’alimentation rentre tout juste, il ne reste plus qu’à percer deux trous pour laisser sortir les câbles et des trous dans le fond pour y visser le bloc d’alimentation. J’ai ajouté des entretoises entre le fond du coffret et le bloc d’alimentation.

Je laisserai l’alimentation en fonctionnement assez longtemps pour vérifier si elle chauffe et nécessite une aération du boitier, que je ferai en perçant des trous dans le coffret et son couvercle.

Une journée de scann plus tard, toujours rien à signaler, l’alimentation ne chauffe pas particulièrement, ne fait pas de bruit, c’est tout bon.
Il n’y a plus qu’à croiser les doigts pour qu’elle fonctionne aussi longtemps que l’originale !

sac-à-dos Quechua Forclaz 60

Il y a quelques années, je me suis équipé d’une chambre 8×10″ et j’ai donc eu besoin d’un sac-à-dos pour transporter ce matériel, à savoir :
• une chambre Arca Swiss F-line 8×10″ rangée montée et repliée sur une allonge de rail de 15 cm,
• un rail de 25 ou 40 cm selon le besoin,
• un support d’accouplement de rails de 50 cm permettant, combiné avec les rails, l’usage d’un 600 mm,
• un maximum de quatre optiques sur planchettes Arca 110,
• quatre châssis 8×10″,
• un voile de visée carré de 1m40 de côté, plié,
• les petits instruments et accessoires habituels : loupe, spotmètre, niveau, pince pour le voile, carnet, etc,
• un trépied Gitzo GT5541L avec tête Arca P1.

La plupart des sacs dédiés photo me paraissent souvent trop rembourrés sans que ça me semble indispensable si on ne prévoit pas que le sac soit mis à rude épreuve (transport en soute…), trop lourds, offrant un ratio volume interne / externe peu intéressant, et souvent très chers.

J’ai donc cherché un sac-à-dos léger, avec un portage correct, pratique et si possible bon marché.

Cela m’a mené au sac-à-dos Quechua Forclaz 60 litres, intéressant de part son principe de double ouverture frontale asymétrique (un tiers supérieur et deux tiers inférieurs) dont l’ouverture basse est assez grande pour y faire passer la chambre 8×10″. Il est également très léger : 1,7 kg, et coûte autour de la cinquantaine d’euros.

Pour le transport des optiques, j’ai confectionné une caissette qui vient se fixer en haut du sac, accessible par l’ouverture supérieure.

Les matériaux de cette boîte sont :
• du carton ondulé (récup),
• de la mousse en plaque (récup),
• de la bande velcro de 5 cm de large,
• de la bande de cuir à ceinture de 8 cm de large et 3 mm d’épaisseur,
• une tôle d’alu 1 mm de 12 x 25 cm (récup)
• de la colle néoprène,
• du fil à coudre solide type câble nylon (prévoir une grosse aiguille pour cuir solide et un manchon pour poinçon pour pousser l’aiguille car le velcro collé à la néoprène sur la toile du sac est difficile à traverser).

Tout ce qui n’est pas récupéré provient des rayons cordonnerie et mercerie du BHV, l’investissement est modique.

caissette pour objectifs

Cette caissette fait 30 x 14 x 12 cm, son intérieur est tapissé de mousse et de deux bandes velcro sur la longueur permettant de fixer des séparateurs à n’importe quel écartement et caler au mieux les optiques.
Ces séparateurs sont coupés dans le cuir, avec du velcro sur deux bords.

Une tôle d’alu pliée, fixée sous et au dos de la caissette vient la renforcer. Cette tôle dépasse au-dessus de la caissette et est pourvue à cet endroit de velcro pour venir s’accrocher au velcro d’une ouverture dans la doublure intérieure du sac.
Les côtés extérieurs de la caissette sont également pourvus de velcros, qui correspondent à des velcros collés-cousus à l’intérieur du sac, ainsi la caissette est parfaitement maintenue par trois côtés.

sac-à-dos Forclaz 60 avec caissette d'objectifs

J’ai rabattu le séparateur interne du sac inutile et curieusement situé à la moitié de sa hauteur.
La boîte d’objectifs est donc plaquée en haut du sac, il reste largement assez de place pour disposer le reste de la chambre : tout d’abord le voile de visée vient matelasser le bas du sac, puis dessus viennent les quatre châssis et la chambre tête en bas, avec son corps arrière posé contre les châssis pour en protéger le verre de visée, et enfin les éléments additionnels de rail viennent devant. Le matériel n’est pas à l’étroit et s’installe aisément.

Les petits accessoires sont rangés dans la poche du rabat supérieur.

Le sac complet hors trépied ne dépasse pas les 14 kg, et n’étant pas très épais, il ne tire pas trop en arrière.

Le trépied de 3,4 kg se porte devant pour équilibrer un peu plus la charge, soit dans les bras ou les mains, soit suspendu à une des sangles repose-main des bretelles du sac-à-dos.

Bien entendu tout ce matériel se transporte encore plus facilement sur un biporteur Bullitt.

La différence entre un ficher raw et un fichier jpeg est la même qu’entre un négatif et un tirage.